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La langue en son miroir, ou le paradoxe de la doxa

Dans le dernier quart d’un XIXe siècle déjà finissant (1878), Charles Benoit, alors doyen de la faculté de Nancy, livrait dans les Mémoires de l’Académie de Stanislas de judicieuses réflexions sur la langue française et l’histoire, récente, que ses contemporains depuis quelques décennies entreprenaient d’en tracer:

L’histoire de la langue française est chose récente. On l’avait longtemps négligée, ne se doutant pas de tout ce que cette histoire avait à nous apprendre. Mais, depuis trente ans, la critique s’est attachée avec une vive curiosité à étudier ce genre nouveau d’antiquités nationales.

Rangée dans la catégorie des antiquités nationales, l’histoire de la langue française s’inscrit ainsi dans le «genre nouveau» de la philologie historique vernaculaire et méthodique, si tous ces adjectifs ne sont pas de trop. Dès la Renaissance certes, et même avant, à commencer par l’antiquité classique elle-même, où l’attention à sa propre langue (grecque ou latine) ne fit pas défaut, les langues dites vivantes bénéficièrent des soins scrupuleux des plus savants de leurs locuteurs.

Seiten 90 - 109

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